L’environnement est considéré comme une notion polysémique. On entend par environnement l’ensemble de l’air, l’eau, le sol, les ressources naturelles, la faune et la flore, le paysage.

Dans le dictionnaire Larousse, l’environnement est défini comme « l’ensemble des éléments naturels et artificiels qui conditionnent la vie de l’homme ».

IL est défini dans le Code de l’environnement du Sénégal à l’article 3 issu de la loi n°2023-15 du 2 Aout 2023 adopté le 07 juin 2023 comme : « l’ensemble des éléments naturels et artificiels ainsi que les facteurs économiques, sociaux, et culturels qui favorisent l’existence, la transformation et le développement du milieu, des organismes vivants et des activités humaines ».

Cet environnement sénégalais à l’image de l’environnement mondial est perturbé par l’élévation du niveau de la mer due à la fonte des glaciers et la dilatation thermique des océans, la modification des habitats naturels provoquant l’extinction massive d’espèces animales et végétales, la recrudescence de maladies pulmonaires ou dermatologiques, les déplacements forcés des populations fuyant des régions devenues inhabitables.

Les conséquences sont donc multiples et il convient pour nous de pointer le curseur sur les inondations au niveau de la capitale Dakar qui sont un phénomène naturel et de montrer les différentes facettes du travail social face à un tel phénomène.

Ces inondations selon le Ministère de l’assainissement et plusieurs spécialistes sont causées par les effets de la déréglementation climatique, la forte croissance démographique, l’occupation anarchique et non contrôlée de l’espace urbain, l’absence de système d’assainissement, la multiplicité des acteurs, l’installation des populations dans des zones aedificandi.

Ces inondations notées en 1989, 2004 deviennent récurrentes à chaque saison des pluies et entrainent des conséquences multiples :

- un décor désolant avec des maisons abandonnées lit de reptiles dangereux, de voleurs au grand dam des populations contraintes à des déplacements forcés et au basculement dans la vulnérabilité ; ces déplacements affectent la scolarité des enfants et affectent la santé mentale des familles. D’ailleurs à Dakar, dès l’annonce des premières pluies par les bulletins météorologiques, une psychose s’installe dans plusieurs quartiers de Dakar comme Guinaw Rail, Sam sam., Yeumbeul.

Désemparées, l’approche de l’hivernage rime avec dépense pour la réfection des toitures, l’achat de tuyaux, le remplissage des rues par des gravats sans oublier la gestion des boues de vidanges.

Et ce sont par ailleurs les personnes handicapées qui en paient un lourd tribut.

Maison endommagée entourée d’eau stagnante.
Maison abandonnée à cause des inondations

- la prolifération des moustiques véritables vecteurs du paludisme mais également des maladies hydriques.

Zone inondée avec des eaux stagnantes et de la végétation.
Inondations et prolifération de moustiques

- des conflits quotidiens entre voisins du fait du drainage des eaux chaque maison cherchant à trouver un exécutoire ;

Ces inondations ont poussé au Sénégal les autorités mettre en place des stations de drainage, des bassins de rétention , des stations de pompage mais surtout des stratégies de gestions des inondations avec la mise en place des plans d’organisation des secours communément appelés plan 0rsec impliquant plusieurs acteurs notamment les autorités administratives(gouverneurs, préfets, sous-préfets), les forces de défense et de sécurité particulièrement les sapeurs-pompiers, les collectivités territoriales entre autres.

Cette intervention multi acteurs a tendance à ignorer les Travailleurs sociaux. Doivent ils intervenir dans la gestion des inondations ? Quel rôle peuvent-ils jouer avant ou après les inondations ?

Des réponses multiples s’imposent.

Parce que le Travail social est une discipline qui promeut qui « promeut le changement social et la cohésion sociale en s’appuyant sur des principes de justice, d’équité et de respect de la dignité humaine », le Travail social peut contribuer à promouvoir les droits des personnes qui sont affectées par ces changements climatiques en les conscientisant sur les droits économiques, sociaux et culturels mais également en utilisant le plaidoyer auprès de l’Etat et de ses services techniques sur la nécessité de mettre en plan des plans d’aménagements du terroir bien pensés. IL s’agit également de faire la promotion de la notion de justice climatique dans son aspect recours au droit pour que les populations puissent ester en justice et intégrer des réseaux d’association œuvrant dans le même sens.

Le Travail social pourra jouer un rôle préventif en informant des dangers d’occupation des zones inondables, des défis sanitaires et sécuritaires et des conditions d’accès à certains services comme l’environnent, l’assainissement ou l’urbanisme. Il s’agit d’organiser des causeries ou des foras avec les communautés.

Un aspect fondamental intéresse le Travail social, la nécessité d’accompagner les populations impactées et déplacées en aidant les enfants à re fréquenter les écoles, à leur trouver s’il le faut des pièces d’état civils perdus ou abimés par l’eau ; orienter les collectivités territoriales d’accueil à créer des espaces de jeux ; aux personnes handicapées d’être prise en charge dans la conception des

Par ailleurs, le Travail social aidera ces familles ré installées à renforcer leurs liens en organisant des groupes de parole, des séances d’animation et des « Tours de thé », des tontines afin de favoriser une économie sociale et solidaire et de tendre vers l’autonomie.

Sur un autre registre en intégrant le Plan Orsec, le Travail social aidera d’abord au marketing social pour aider à l’acceptabilité sociale du Plan ; il aidera à la cartographie des groupes vulnérables par des enquêtes sociales afin de mieux cibler l’intervention.